Conférences 2021-2022

Thème "Être(s) vivant(s)"

Mercredi 13 octobre (20h)

Être vivant, qu’est-ce que cela signifie?

par Guillaume Lecointre

Notre culture nous pousse à nous couper du vivant. La philosophie majoritaire conçoit une césure irrémédiable entre nous et les animaux, et la médecine se pratique largement sans aucune référence à l'évolution passée du corps qu'elle tente de soulager.

Pourtant, l'évolution biologique se produit bel et bien au sein même de notre corps : elle rend compte de notre développement, de notre vieillissement, et de nos cancers. La biologie moderne nous engage à animaliser l'humain, un humain qui est le siège de l’évolution, faisant pleinement de lui un être vivant.

Guillaume Lecointre est enseignant-chercheur (UMR 7205 CNRS-MNHN-UPMC-EPHE, « Institut de Systématique, Evolution et Biodiversité »), zoologiste, systématicien, professeur du Muséum national d’Histoire naturelle où il occupe les fonctions de conseiller scientifique du président.

Mercredi 10 novembre (20h)

Être la vie même

par Bertrand Vergely

La vie ne réside pas simplement dans la réalité dynamique, intérieure et diverse qui constitue notre milieu. Au cours de la modernité, à la suite de Spinoza, Jean-Marie Guyau, Schopenhauer Nietzsche et Bergson  ont cherché à bâtir une éthique uniquement sur la la vie, sans obligation ni sanction. Se donner comme règle, le fait de devenir la vie même.   Il n’y a pas que la loi pour fonder la morale. Il y a aussi la vie, avec cette loi si singulière consistant à faire de la vie la loi même. Rien n’est plus exigeant...

Philosophe et théologien, Bertrand Vergely a écrit sur des questions métaphysiques essentielles, telles que la mort, la souffrance, l’émerveillement.

En 2020, dans  Le rêve perdu de la sagesse grecque (Privat), il s’interrogeait sur la signification de la philosophie. 

A paraître:  en sept.2021 : Dieu veut des dieux. La vie divine

(Mame)

En janvier 2022: Voyage en haute connaissance. Quand la religion pense (Albin Michel)



Mercredi 24 novembre (20h)

Qu’est-ce que “Le Vivant” pour un Chinois ? 

Les représentations du corps humain

dans les idéogrammes chinois

par Cyrille Javary

Ce qui compte pour un Chinois, ce n’est pas le corps, mais l’énergie qui traverse ce corps… Aussi, ce qu’en Occident, nous appelons “le vivant” n’est-il pas du tout perçu de la même façon dans le monde oriental. C’est ce que nous verrons à travers les caractères de l’écriture chinoise.

Sinologue rattaché à l’INALCO, Cyrille Javary a publié de nombreux ouvrages sur la pensée chinoise dont une traduction du Livre des changements, livre fondateur du Yi Jing. Il forme, par ailleurs, des hommes d'affaires à la négociation avec les partenaires asiatiques. 

Mercredi 15 décembre (20h)

Le vivant, ou les vivants?

De la diversité animale en littérature

par Anne Simon

Entre les lignes de nos textes, de nos cultures et de nos vies, les bêtes, plurielles, se glissent, familières, indifférentes, souveraines ou effroyables. Si la littérature est apte à évoquer la puissance et la profusion des vies animales, c'est que le langage et l'écriture, sont souvent considérés comme des "propres" de l'espèce humaine, se découvrent traversés par l'animalité. La langue poétique permet d'accéder aux bêtes qui, soufflant et traçant leurs histoires de vie et de survie à même le monde, nous ont peut-être appris à lire. la zoopoétique s'attache dès lors à restituer nos entrelacements multiples avec les autres vivants.

Directrice de recherche au CNRS, Anne Simon anime au sein du centre « République des savoirs » le Pôle Proust et le carnet Animots, dédié aux études littéraires et artistiques animales. Pionnière de la « zoopoétique », elle vient de publier Une bête entre les lignes, aux Editions Wildproject. Elle a aussi écrit quatre essais sur Proust, dans l’œuvre duquel elle a découvert de nombreux et insolites animaux.



Mercredi 12 janvier (20h)

Pour une économie du vivant

par Gaël Giraud

L’économie mainstream contemporaine veut transformer la vie en un capital, c’est à dire une ressource destinée à rapporter des revenus futurs à son propriétaire. Comment sortir de cette idéologie mortelle? Quels seraient les contours d’une économie du vivant?

On s’efforcera d’esquisser des pistes de réflexion au croisement de l’anthropologie, des sciences politiques et des sciences du vivant.

Gaël GIRAUD, directeur de recherche au CNRS ; directeur de l’Environmental justice program et professeur à la McCourt School of Public policy de l’Université de Georgetown, président de l’Institut Rousseau.

Mercredi 26 janvier (20h)

Faut-il être personne pour avoir des droits ?

par Vincent Ohanessian

Le droit s’attache traditionnellement plus à la dichotomie personnes/biens qu’à la distinction vivant/inerte.

Pourtant, tous les sujets de droits ne sont pas nécessairement des personnes et toutes les personnes ne sont pas nécessairement  des êtres vivants.

Certains êtres vivants naguère considérés comme des biens gagnent peu à peu un statut les rapprochant de la personne (animaux) au moment même où cette notion de personne est en passe d’être bouleversée par l’I.A.

Dans le même temps, le vivant en général devient un bien commun de l’humanité…..

Avocat à la Cour, Vincent Ohanessian est Ancien Membre du Conseil National des Barreaux et Ancien Membre du Conseil de l’Ordre. Il est l'auteur de Code de la liberté d'expression (Anne Rideau).



Mercredi 9 février (20h)

Pour une éducation ancrée dans l'ordre mobile du Monde

par Philippe Nicolas

Juste rentré d'une expédition en Islande avec 14 jeunes, Philippe viendra partager sa vision de l’enseignement et des

apprentissages essentiels  pour se découvrir co-constructeur du monde avec cette maxime : «Donner le meilleur de soi pour l’ensemble plutôt que d’être le meilleur de l’ensemble ! »

Chercheur en Sciences de l’Education, Philippe Nicolas est d’abord  un enseignant innovant et audacieux. Chez ses élèves de banlieue parisienne, il s'efforce de développer, de façon concrète et vivante, les deux liens essentiels à notre humanité :  celui qui nous rattache à notre intériorité et celui qui nous lie à la Terre.

Il a initié le projet national :  "L’école face au plus grand défi du 21ème siècle - Cap au Nord".

Mercredi 9 mars (20h)

Le mouvement vers la vie

par Philippe Noël

Comment se mettre en mouvement alors que la motricité a déserté une partie de son corps? Pour se sortir complètement d’une paraplégie que l’on disait inguérissable, Philippe Noël n’a jamais cessé d’être en mouvement. Que ce soit par la musique, la philosophie, le sport ou l’écriture, le mouvement a toujours été vécu par lui comme un principe d’action intrinsèque, une force motrice qui anime à chaque instant le corps et l’esprit.

Au travers d’expériences menées pendant trois décennies, Philippe Noël vient témoigner de ses réussites et de ses échecs.

Ancien sportif de haut niveau, Philippe Noël s’est reconstruit seul après un grave accident à la colonne vertébrale jusqu’à établir un premier record du monde sur un double déca-ironman. Riche de son expérience et d’une grande culture, il donne aujourd’hui des conférences très écoutées sur des thèmes tels que  l'ultra-résilience.



Mercredi 15 décembre (20h)

Qui va là ? Petite philosophie de l’extraterrestre

par Jacques Arnould

La question de la pluralité des mondes et de la vie extraterrestre hante l’esprit humain depuis plus de deux millénaires. Rien d’étonnant : nous interroger sur la possible existence d’autrui est une manière de chercher à mieux nous connaître.

Avec le début des voyages dans l’espace, cette question a acquis une nouvelle actualité : jamais, d’une certaine manière, nous n’avons été plus proches d’y avoir une réponse. De quoi penser et débattre.

Historien des sciences et théologien, Jacques Arnould est en charge des questions éthiques au Centre national d'études spatiales (CNES). Son dernier ouvrage vient de paraître aux éditions Transboréal : Le voyage dans l'espace. Petites extrapolations sans gravité sur le cosmos et l'humanité.